Démission pour reconversion professionnelle : droits, démarches et financement 2026

Démission pour reconversion professionnelle : droits, démarches et financement 2026

La quête de sens au travail motive 39% des reconversions professionnelles en France. Pour certains, cette quête devient tellement pressante qu’elle impose de quitter immédiatement un poste devenu insupportable. Le besoin de partir est urgent, viscéral, non négociable.

Le frein principal ? La peur de perdre ses revenus. La règle est connue : démission égale départ volontaire, donc pas de droits au chômage. Cette équation effraie légitimement ceux qui ont des charges fixes, une famille à nourrir, un crédit immobilier à rembourser.

La bonne nouvelle est que cette équation n’est plus totalement vraie. Depuis 2019, le dispositif Démission-Reconversion permet de démissionner pour un projet de reconversion professionnelle tout en conservant ses droits à l’allocation chômage, sous conditions strictes.

Peut-on démissionner pour se reconvertir ?

Le principe général en droit du travail français est simple : la démission est un départ volontaire qui ne donne pas droit à l’allocation chômage. Ce principe connaît toutefois une exception majeure depuis novembre 2019 : le dispositif Démission-Reconversion.

Le dispositif Démission-Reconversion

Le principe : si vous avez un projet de reconversion professionnel réel et sérieux, validé par une commission paritaire, vous pouvez démissionner de votre CDI et percevoir l’allocation chômage exactement comme si vous aviez été licencié.

Les conditions strictes :

  • Être en CDI avec au moins 5 ans d’activité salariée continue (1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois)
  • Avoir un projet professionnel réel et sérieux nécessitant une formation qualifiante ou la création d’entreprise
  • Faire valider le projet par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR)

Les démarches obligatoires :

  1. Avant de démissionner (crucial !), demandez un Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) auprès de Transitions Pro, l’APEC, les missions locales ou Cap Emploi
  2. Le conseiller CEP vous accompagne pendant 2 à 3 mois pour construire votre projet
  3. Il rédige une attestation certifiant le caractère réel et sérieux de votre projet
  4. Cette attestation est transmise à la CPIR qui rend sa décision sous 15 à 30 jours
  5. Une fois validé, vous recevez une autorisation écrite vous permettant de démissionner

Point critique : Ne démissionnez jamais avant d’avoir reçu la validation de la CPIR. Si vous démissionnez avant, vous perdez définitivement vos droits au chômage.

Pour ce dispositif Démission-Reconversion, le taux d’acceptation se situe autour de 70 à 75% des dossiers bien montés. Les refus concernent des projets trop vagues, ne nécessitant pas de formation, ou insuffisamment préparés.

Alternatives à la démission

La démission doit être votre dernier recours, pas votre premier réflexe. Trois options sont supérieures en termes de sécurité.

Option 1 – Le Projet de Transition Professionnelle (PTP)

Le PTP est objectivement la meilleure alternative. Il vous permet de vous former sans démissionner, tout en maintenant 90% à 100% de votre salaire pendant la formation (jusqu’à un an ou plus).

Votre CDI est suspendu, pas rompu. Si votre projet échoue, vous pouvez réintégrer votre poste. Conditions : 24 mois d’ancienneté (contre 5 ans pour la Démission-Reconversion), dont 12 mois dans votre entreprise actuelle.

Pourquoi le PTP est meilleur :

  • Sécurité financière totale : 90-100% du salaire contre 57-75% avec l’allocation chômage
  • Pas de rupture de CDI : possibilité de retour en cas d’échec
  • Accompagnement gratuit par Transitions Pro

Option 2 – Rupture conventionnelle

Accord amiable entre vous et votre employeur pour rompre le contrat. Avantages : droits au chômage automatiques, indemnités de rupture, délai de rétractation de 15 jours.

Inconvénient : l’employeur peut refuser. Conseil : présentez votre départ comme un accord gagnant-gagnant.

Option 3 – Négocier une formation interne

Si votre reconversion vise un métier existant dans votre entreprise, négociez une évolution interne avec formation financée par l’employeur. Solution la plus sûre mais limitée aux métiers présents dans l’entreprise.

Recommandation : privilégiez dans l’ordre PTP > Rupture conventionnelle > Démission-Reconversion.

Comment monter un dossier solide

Étape 1 : Conseil en Évolution Professionnelle

Gratuit et obligatoire. Prenez rendez-vous AVANT de démissionner. Durée : 2 à 3 mois avec 4 à 6 rendez-vous.

Étape 2 : Construire un projet béton

Éléments indispensables :

  • Métier visé précis (pas « travailler dans le social » mais « devenir éducateur spécialisé »)
  • Formation identifiée : organisme, durée, coût, devis, certification
  • Débouchés réels démontrés : offres d’emploi, études de marché
  • Compétences transférables (bilan de compétences recommandé)
  • Plan de financement réaliste : CPF, AIF, économies

Étapes 3 à 6 : Validation et démission

Le conseiller CEP transmet votre dossier à la CPIR. En cas de validation, vous recevez une autorisation écrite. Démissionnez uniquement après réception. Inscrivez-vous à Pôle Emploi dans les 6 mois.

Financer sa reconversion après démission

Une fois démissionnaire avec validation, vous percevez l’ARE (57% à 75% de votre salaire brut) pour 18 à 24 mois maximum.

Dispositifs de financement

CPF : Vos droits restent disponibles. Pôle Emploi peut abonder si insuffisant.

AIF : Dispositif principal de Pôle Emploi pour financer les formations. Finance tout ou partie des coûts pédagogiques.

RFPE : Rémunération versée pendant la formation si vos droits ARE s’épuisent avant la fin.

En Île-de-France, le dispositif Démission-Reconversion permet de sécuriser votre projet. Une fois démissionnaire, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement et d’aides au financement pour réaliser votre reconversion dans les meilleures conditions.

Conseil budgétaire : Anticipez la baisse de revenus (25% à 43% de perte). Économisez plusieurs mois de salaire avant de démissionner.

FAQ

Combien de temps pour valider un projet ?

2 à 3 mois entre la demande de CEP et la validation CPIR.

Que se passe-t-il si mon projet est refusé ?

Vous pouvez le retravailler et représenter un dossier, ou renoncer à la démission. Tant que vous n’avez pas démissionné, votre CDI est intact.

Le dispositif fonctionne-t-il en CDD ?

Non, il est réservé aux CDI avec 5 ans d’ancienneté. En CDD, attendez la fin naturelle du contrat.

Conclusion

Démissionner pour se reconvertir est possible via le dispositif Démission-Reconversion, mais ne doit être envisagé qu’en dernier recours. Explorez d’abord le PTP (meilleure option) et la rupture conventionnelle.

Si la démission est inévitable, préparez méticuleusement votre dossier et ne démissionnez surtout pas avant la validation CPIR. L’accompagnement gratuit par un CEP est essentiel. Commencez dès aujourd’hui : contactez Transitions Pro de votre région et structurez votre projet avec méthode.

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